À HERMÈS TRISMÉGISTE, connu par les anciens Égyptiens comme "Le Grand des Grands" et "Le Maître des Maîtres", ce petit volume d’enseignements hermétiques est respectueusement dédié.
Copyright © 2018 by Les trois Initiés (domaine public)
Première édition : 1908 par André Durville imprimeur
Traduction : André Durville (1917) (domaine public)
ISBN-13: 978-2322150670
Edition : Books on Demand GmbH, 12/14 rond-point des Champs
Elysées, 75008 Paris, France.
Imprimé par Books on Demand GmbH, Norderstedt,
Allemagne
Dépôt légal : août 2018
Le Kybalion est certainement un livre sortant de l’ordinaire et marqué du sceau de la sagesse et du mystère. Son titre même est étrange : par sa racine, KBL, peut-être pourrait-il être rattaché à la Kabbale ; en tout cas, nous croyons savoir que le Maître psychiste américain, W.W. Atkinson, n’est pas resté étranger à sa publication, et nous le félicitons d’avoir contribué à reconstituer pour notre époque les vestiges d’une science, jadis toute-puissante.
Car ce petit livre est très profond, sous son apparente simplicité : trop profond, même, pourrait-on dire.
J’ai eu l’occasion de commenter ailleurs ses préceptes, et un de mes honorables critiques (dans une Revue anglaise, publiée aux Indes), nous a fait à tous les deux – le Kybalion et moi – l’honneur de répéter ses sept Lois en prouvant péremptoirement, par le contexte, que leur portée dépassait (et de beaucoup, malheureusement) son intellect.
A présent, me direz-vous, l’incompréhension est parfois une des formes les plus raffinées de la flatterie involontaire...
Les métaphysiciens de notre époque ne sont que trop, hélas, accoutumés à cette sorte de flatterie.
Au point que, si le public les approuve, ou dit les comprendre, ils commencent à craindre d’avoir laissé échapper quelque bévue.
En général, le privilège de voir plus avant que les autres se paye cher sur cette terre.
Singulier et contradictoire état d’esprit de la foule humaine, qui est à la fois irrésistiblement attirée par le Progrès et qui abreuve en même temps d’outrages ceux qui s’efforcent de lui en ouvrir la voie.
Bien heureux encore quand elle ne les crucifie pas ! Mais cela, par bonheur, ne se fait plus guère de nos jours... Donc, passons.
Il existe, au-dessus de toutes les autres (qui en sont comme des rejetons abâtardis) une Philosophie éternelle et universelle, dont l’origine se perd dans la nuit des âges.
Semblable à ces grands fleuves dont les eaux deviennent de plus en plus troubles et bourbeuses à mesure qu’elles s’éloignent davantage de leur source, la grande Philosophie éternelle se souille et se contamine dans son conflit avec les passions humaines, pour finalement devenir ce que nous nommons "les systèmes philosophiques".
Mais le Principe reste pur, malgré cet abondant limon qu’il charrie, et les Sages peuvent le retrouver, partout et toujours identique à lui-même, sous l’innombrable diversité des apparences.
C’est de ce Principe immuable que traite le Kybalion. C’est lui la source même de toute la Philosophie Hermétique.
La voix du Maître des Maîtres, du premier Pharaon de l’Egypte, du trois fois grand Hermès, profère une fois de plus les secrets de l’Eternelle Sagesse, qui ont déjà retenti à travers plus d’une centaine de siècles.
Les Lois suprêmes qui président à la manifestation des Mondes – et de nous-même – y sont exposées dans leur plus pure simplicité.
Le grand problème de la Vie, cette éternelle énigme que le Sphinx fatal pose à tous les Œdipes l’un après l’autre : ce problème ne peut être résolu que par la Science.
Et non pas par la vaine science moderne, qui, exclusivement analytique et matérielle, est d’une impuissance lamentable quand il s’agit de rassembler ses rameaux épars pour en former un édifice tant soit peu systématique et homogène.
C’est la Science ancienne seule qui, synthétique de sa nature, de son essence, de sa substance même, nous offre la possibilité de nous arracher aux griffes du Sphinx.
Les Lois de la Vie sont plus importantes que la Matière de la vie, parce que, connaissant les premières, nous dominons la seconde : le Sphinx est notre esclave et non plus notre bourreau.
Sous le nom d’Art Royal, ou d’Art Sacré, les anciens sacerdotes Egyptiens professaient et pratiquaient tout un ensemble de doctrines qui n’est parvenu jusqu’à nous que par sa réputation et quelques rares vestiges.
Ces doctrines, dans leur ensemble, embrassaient tous les rapports de l’Homme avec la Nature, et leur pratique rendait l’Initié Roi de l’Univers matériel : d’où Art Royal.
Mais, comme ces doctrines étaient basées sur le grand axiome sacré de l’Unité du Tout, on pouvait encore considérer l’Art Royal sous son aspect de science du Premier Principe, c’est-à-dire Science de Dieu, et le dire Art Sacré.
Les anciens étaient trop profondément pénétrés du premier axiome hermétique : le Tout est Un, pour songer jamais à séparer – comme nous l’avons fait – la Science de la Religion ou de la Philosophie.
Ce fut là la première de nos erreurs et la source de toutes les autres.
Mais, pour les anciens Egyptiens, toute la Nature était la Vie, et la vie était Dieu : donc, quiconque étudiait la Nature devenait, par cela-même, sacerdote de l’Eternel.
Et inversement, tout membre du Collège sacerdotal, en s’instruisant dans cette sainte théologie devenait un savant naturaliste.
Toutefois – et c’est là que la différence avec les Modernes prend les proportions d’un abîme – pour les anciens Egyptiens la Nature comprenait tous les Mondes Invisibles, aussi bien que ce Monde Visible dans lequel se cantonne la science moderne.
Ils étudiaient le Monde des Causes avec autant d’ardeur que nous le Monde des Effets.
De sorte que l’Art Sacré était toujours et partout la Science de la Vie : de la vie dans l’Invisible, aussi bien que de cette vie qui tombe sous nos sens.
Et d’ailleurs, l’Homme n’était point pour eux un hors d’œuvre de la Nature : ils le jugeaient simplement un petit monde dans le grand, et les mêmes Lois qui régissaient le grand s’appliquaient aussi bien au petit.
Il est à la fois risible et pitoyable, aux yeux des Initiés modernes, de voir attribuer la découverte de la Loi d’Evolution à Darwin, ou celle du mouvement de la terre à Galilée, pour ne citer que deux faits précis.
Quiconque est le moins du monde versé dans les Sciences anciennes, sait que ces deux lois entre mille autres (que nous n’avons pas encore eu le loisir de "découvrir") étaient une parcelle de l’Art Royal.
De même, tout ce que Mesmer a bien voulu ressusciter de nos jours sous le nom de "Magnétisme Animal" est une autre bribe du même Art.
La Chimie (dont la racine Khem est le nom même de l’Egypte), est d’une origine purement Hermétique, et la Transmutation (ou application de l’Evolution aux métaux) était une branche de l’Art Sacré.
La Magie, bien entendu (et une Magie telle que nous ne la connaissons plus de nos jours, par suite de l’absence de Maîtres assez évolués pour pouvoir la pratiquer) faisait encore partie de l’Art.
Bref, on pourrait dire assez exactement que l’Art Sacré des Sacerdotes Egyptiens était la synthèse de toutes nos sciences modernes, avec la Philosophie, la Religion et bien d’autres Rites en plus.
D’ailleurs le seul but de cet Art Sacré était ouvertement d’accélérer l’Evolution du Sage qui le pratiquait, ce qui, nécessairement, présuppose la connaissance de la Loi d’Evolution.
Voilà donc, dans son ensemble, quel est le sujet, le but du Kybalion.
Mais, pour en aborder l’étude fructueuse il est indispensable de commencer par s’élever au-dessus des méthodes habituelles à la science moderne : leur tourner le dos, pour ainsi dire.
Et c’est la logique pure qui nous y conduit.
Car enfin, si la science moderne, avec tous ses développements, nous avait dotés d’une vie saine, harmonieuse, belle et parfaitement heureuse, personne n’aurait l’idée saugrenue de chercher autre chose.
Mais comme, bien au contraire, ses tentatives jusqu’à ce jour n’ont abouti qu’à une civilisation manifestement défectueuse, à une dégénérescence menaçante de la race et à des calamités de toute sorte, il est évident qu’il faut nous tourner d’un autre côté pour dompter le Sphinx qui toujours rôde, destructeur, autour de nous.
Notre conscience nous permet de juger l’arbre par le fruit qu’il porte.
Au lieu d’essayer vainement d’étreindre le faisceau, infiniment développé, des manifestations de la Nature, tâchons de maîtriser plutôt le petit nombre des Causes qui les déterminent.
Décidons-nous à saisir les rênes de l’attelage du char de la Vie au lieu de tenter maladroitement de le diriger en poussant aux roues.
La tâche est plus digne de nous et le résultat sera certainement plus heureux.
Reconnaissons sans fausse honte que nous sommes – nous autres modernes – de simples enfants en ce qui concerne la Sagesse, et remontons intrépidement le cours des âges pour retrouver le fil du Labyrinthe que nous avons laissé échapper par mégarde.
Il n’y a pas de honte à s’être trompé ; comme le dit si bien le proverbe latin : c’est humain.
Mais la faute lourde (et grave dans ses conséquences) commence quand on prétend s’entêter dans l’erreur et qu’on veut la faire triompher à tout prix.
On engage ainsi la lutte avec le Sphinx sur son propre terrain, là où il est le plus fort : dans l’Empire du Mal ; cela, c’est son domaine privé : nul ne peut s’y aventurer sans succomber.
Laissons une bonne fois nos yeux s’ouvrir à la vraie Lumière, et nos oreilles à la voix éternelle de la Nature ; cessons notre poursuite insensée des Effets, en la remplaçant par la connaissance et la maîtrise des Causes. Dès lors, le Sphinx vaincu deviendra un aussi bon esclave qu’il était un maître mauvais et cruel.
Toutes les calamités que nous subissons ne sont pas sans remède : elles sont le résultat direct de nos contraventions insouciantes aux Lois de la Nature.
Rentrons dans le chemin direct de l’Évolution, conformons-nous aux Lois de la Vie, et tout aussitôt, nous verrons naître autour de nous la Paix et l’Harmonie.
Car – et c’est par là que je veux terminer – la Science Synthétique est tout aussi importante à pratiquer que la Science Analytique.
Tout le monde sait qu’il ne suffit pas de connaître les remèdes qu’on devrait appliquer : il faut les appliquer.
De même, dans les Sciences psychiques, il ne suffit pas de savoir qu’il faudrait agir ou penser de telle ou telle manière : il faut – et il faut de toute nécessité – conformer sa vie à sa conscience ; il faut imperturbablement pratiquer ce qu’on sait.
Ce sont les Actes qui comptent, aussi bien dans le domaine de l’idéal que dans le monde matériel.
Les Lois du Kybalion sont idéalement belles, mais si on ne les réalise pas en pratique, elles seront comme un festin splendide devant lequel on se laisserait mourir de faim.
C’est avec un grand plaisir que nous présentons à l’attention des étudiants et des investigateurs des Doctrines secrètes ce petit ouvrage basé sur les anciens enseignements hermétiques. On a tellement peu écrit sur ce sujet malgré les innombrables références à ces enseignements publiés dans les nombreux ouvrages sur l’occultisme, que les vrais chercheurs des vérités de l’Arcane se réjouiront sans aucun doute de la publication du présent volume.
Le but de cet ouvrage n’est pas d’innover une doctrine ni une philosophie spéciale, il est de donner aux étudiants un exposé de la Vérité qui servira à assembler et à concilier les nombreux fragments de connaissances occultes qu’ils peuvent avoir acquis, et qui, parfois semblent, en apparence, contraires les uns aux autres ; souvent par cela même, ils conduisent au découragement et au dégoût ceux qui débutent dans ces études. Notre intention n’est pas d’ériger un nouveau Temple du Savoir, mais de placer dans les mains de l’étudiant une Maîtresse-Clef, avec laquelle il lui soit possible d’ouvrir les portes les plus profondément cachées du Temple du Mystère qui se trouvent dans les quelques corridors où il a déjà pénétré.
Aucune partie de la science occulte connue du monde n’a été aussi précieusement conservée que les fragments des Enseignements hermétiques qui sont parvenus jusqu’à nous pendant les centaines de siècles qui se sont écoulés, depuis la mort de son grand fondateur, Hermès Trismégiste, "l’Ecrivain des Dieux" qui vécut dans l’ancienne Egypte aux jours où la race actuelle des hommes était dans son enfance. Contemporain d’Abraham, et, si la légende est vraie, instructeur de ce vénérable sage, Hermès était et est encore le Grand Soleil central de l’Occultisme, dont les rayons ont servi à illuminer les innombrables enseignements qui ont été promulgués depuis cette époque. Toutes les doctrines fondamentales qui se rattachent aux enseignements ésotériques de chaque race remontent à Hermès. Même les plus anciens enseignements de l’Inde ont indubitablement leurs racines dans les enseignements hermétiques originaux.
De la région du Gange de nombreux occultistes avancés se rendirent en Egypte et vinrent s’asseoir auprès du Maître. Ils obtinrent de lui la Maîtresse-Clef qui expliqua et concilia leurs divergences de vues ; c’est ainsi que la Doctrine Secrète fut nettement établie. D’autres pays, vinrent également de nombreux savants et tous considéraient Hermès comme le Maître des Maîtres ; bien que, pendant les innombrables siècles qui nous séparent de lui, de nombreux apôtres aient repris ses théories et se soient écartés du chemin qu’il avait indiqué. Son influence fut si grande qu’il est toujours possible d’établir une certaine ressemblance fondamentale entre les théories nombreuses et souvent divergentes propagées aujourd’hui par les occultistes de ces différents pays. Celui qui étudie les Religions et les compare entre elles est capable de percevoir l’influence exercée par la Doctrine hermétique quels que soient leurs noms actuellement connus, que ce soit une religion morte on une religion en pleine vigueur à notre époque. Il existe toujours entre elles un certain rapport malgré des faits souvent contradictoires et la Doctrine Hermétique agit comme la Grande Réconciliatrice.
La vie d’Hermès semble avoir eu pour but de semer les graines de la Vérité qui ont poussé et se sont développées en tant de formes étranges, plutôt que d’établir une école de philosophie qui aurait dominé la pensée du monde. Malgré tout, durant chaque siècle, les vérités originales qu’il a enseignées ont été conservées intactes dans leur pureté première par un certain nombre d’hommes ; ceux-ci, refusant d’admettre à leurs idées un grand nombre d’étudiants et de curieux à inertie développée, ont ponctuellement suivi la doctrine hermétique et ont réservé leurs vérités pour ceux qui étaient bien préparés à les comprendre et à les appliquer. Ces vérités ont été répandues verbalement, confidentiellement, parmi ces quelques hommes. Ainsi, il y a toujours un petit nombre d’Initiés pour chaque génération et dans chaque pays ; ils ont conservé vivante la flamme sacrée de l’Enseignement Hermétique et toujours cherché à utiliser leurs lumières pour rallumer les feux moins ardents du monde extérieur quand la vérité semblait s’obscurcir, s’assombrissait par négligence, et que sa flamme semblait prête à s’éteindre. Il y a toujours eu quelques adeptes pour soigner pieusement l’autel de la vérité sur lequel restait constamment allumée la lampe Perpétuelle de la Sagesse. Ces hommes ont voué leur vie au travail d’amour que le poète a si bien défini en ces termes :
« Ne laissez pas la flamme s’éteindre ! Elle est chérie d’âge en âge dans sa caverne obscure ; dans ses, temples sacrés, elle est chérie. Elle est nourrie par les purs ministres de l’amour ; ne laissez pas la flamme s’éteindre ! »
Ces hommes n’ont jamais cherché l’approbation populaire ni une suite nombreuse d’admirateurs. Ils furent indifférents à ces choses car ils savaient combien peu, dans chaque génération, il y a d’individus prêts à assimiler la vérité ou qui la reconnaîtraient si elle se présentait à eux. Ils ont réservé la "nourriture substantielle aux hommes" pendant que d’autres fournissaient le "lait aux nouveau-nés". Ils ont conservé leurs perles de sagesse pour les quelques élus qui reconnaissaient leur valeur et qui les portaient dans leurs cœurs au lieu de les donner aux matérialistes vulgaires qui les auraient souillées de boue et les auraient assimilées à leur répugnante nourriture mentale. Malgré tout, ces hommes n’ont jamais oublié ni perdu de vue les enseignements originaux d’Hermès en ce qui concerne la vulgarisation des paroles de Vérité à ceux qui sont préparés à les recevoir ; cet enseignement est défini dans le Kybalion comme suit : « Sous les pas du Maître, les oreilles de ceux qui sont prêts à comprendre sa doctrine s’ouvrent toutes grandes. » Et encore ceci : « Quand les oreilles de l’élève sont prêtes à entendre, c’est alors que viennent les lèvres pour les remplir de Sagesse. » Mais leur attitude habituelle s’est toujours trouvé strictement d’accord avec cet autre aphorisme hermétique qui se trouve également dans le Kybalion : « Les lèvres de la Sagesse sont closes, excepté aux oreilles de la Raison. »
Beaucoup de gens ont violemment critiqué les actes des Hermétistes et ont crié partout qu’ils ne manifestaient pas l’esprit original du maître avec leur politique de réclusion et de réticence. Mais un rapide regard en arrière, sur les pages de leur histoire, montrera la sagesse des Maîtres qui n’ignoraient pas la folie d’enseigner au monde des choses pour lesquelles il n’était pas préparé ou qu’il ne voulait pas admettre.
Les hermétistes n’ont jamais cherché à être des martyrs ; ils se sont tenus silencieusement à l’écart avec un sourire de pitié sur leurs lèvres closes ; pendant ce temps le "païen tournait autour d’eux avec rage et fracas", habitué qu’il était à torturer et à égorger les enthousiastes honnêtes mais égarés, qui s’imaginaient pouvoir introduire dans une race de barbares la vérité, susceptible d’être seulement comprise par les élus qui ont déjà fait quelques pas dans la Voie.
L’esprit de persécution n’est pas encore complètement disparu de tous les pays. Il y a certains enseignements hermétiques qui, s’ils étaient publiquement promulgués, feraient s’élever contre leurs propagateurs, un grand cri de mépris et d’injure de la part de la multitude et l’on entendrait de nouveau : "Crucifiez-le ! Crucifiez-le !"
Dans ce petit ouvrage nous nous sommes efforcés de donner une idée des enseignements fondamentaux du Kybalion ; nous y avons décrit plutôt que les détails approfondis les Principes actifs, vous laissant le soin de les appliquer vous mêmes. Si vous êtes un véritable élève vous serez capable de mettre en action et d’utiliser ces principes ; si vous ne l’êtes pas, efforcez-vous d’en devenir un, sinon les Enseignements hermétiques ne seront pour vous que "des mots, des mots et encore des mots".
Trois Initiés
« Les lèvres de la sagesse sont closes, excepté aux oreilles de la Raison. »
Le Kybalion
C’est de l’ancienne Égypte que nous viennent les enseignements ésotériques et occultes fondamentaux qui ont si puissamment influencé les philosophies de toutes les races, des nations et des peuples depuis plusieurs milliers d’années.
L’Égypte, patrie des pyramides et des sphinx était le berceau de la Sagesse cachée et des enseignements mystiques. Tous les pays ont emprunté à ses Doctrines Secrètes. L’Inde, la Perse, la Chaldée, la Médée, la Chine, le Japon, la Syrie, l’ancienne Grèce, Rome et les autres nations anciennes prirent libéralement leur part à la fête du Savoir que les Hiérophantes et les Maîtres du Pays d’Isis avaient si abondamment pourvue pour ceux qui étaient préparés à partager la somme de Science Mystique et Occulte dévoilée par les Maîtres de cette antique contrée.
Dans l’ancienne Égypte ont vécu des Adeptes et des Maîtres qui n’ont jamais été surpassés et rarement égalés durant les siècles qui les ont séparés du grand Hermès. En Égypte se trouvait la Loge des Mystiques. Par la porte de ces Temples entrèrent les Néophytes qui, plus tard, comme Hiérophantes, Adeptes, et Maîtres parcoururent les quatre coins du monde, portant avec eux le précieux savoir qu’ils désiraient ardemment transmettre à ceux qui étaient préparés pour le recevoir. Tous ceux qui étudient les sciences occultes reconnaissent ce qu’ils doivent aux vénérables Maîtres de l’antiquité.
Parmi ces grands Maîtres de l’Ancienne Egypte, vécut un homme que les Maîtres considéraient comme le "Maître des Maîtres". Cet homme, si vraiment c’était un "homme", habita l’Egypte dans les temps les plus reculés. On le connaissait sous le nom d’Hermès Trismégiste. Il était le père de la Sagesse Occulte, le fondateur de l’astrologie et de l’alchimie. Les détails de sa vie sont perdus pour l’histoire, tant sont nombreuses les années qui nous séparent de lui ; cependant quelques uns des anciens pays de l’antiquité se sont disputé, il y a des milliers d’années, l’honneur de sa naissance. La date de son séjour en Egypte, qui constitue sa dernière incarnation sur notre planète, ne nous est pas connue à l’heure actuelle ; on l’a fixée aux premiers jours des plus anciennes dynasties égyptiennes, longtemps avant Moïse. Les auteurs les plus compétents le considèrent comme contemporain d’Abraham ; quelques traditions juives vont même jusqu’à affirmer qu’Abraham a acquis d’Hermès lui-même une grande partie de ses connaissances mystiques.
Dans les années qui suivirent sa disparition du plan de vie terrestre (la tradition rapporte qu’il a vécu 300 ans dans la chair), les égyptiens déifièrent Hermès et le nommèrent Thoth. Plus tard, le peuple de l’ancienne Grèce le compte aussi au nombre de ses nombreux dieux ; il le nomme "Hermès, le dieu de la Sagesse". Les égyptiens ont révéré sa mémoire pendant de nombreux siècles, pendant des dizaines de siècles, l’appelant "l’Ecrivain des Dieux" et lui rendant son ancien titre de "Trismégiste" qui signifie le "Trois-Fois-Grand", le "Grand des Grands", le "Plus Grand des Grands", etc… Dans tous les pays de l’antiquité, le nom d’Hermès Trismégiste synonyme de "Fontaine de Sagesse" était très honoré.
Aujourd’hui, nous utilisons encore le mot "hermétique" dans le sens de "secret fermé, de manière à ce que rien ne puisse échapper", etc., et cela, en raison du fait que les disciples d’Hermès ont toujours eu pour principe d’observer le secret dans leurs enseignements. Ils ne voulaient pas "jeter des perles aux pourceaux" ; ils préféraient donner du "lait aux